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Repenser les attitudes culturelles face au sexe et à la violence

Les fréquentes histoires de harcèlement sexuel partagées notamment dans le cadre de la campagne #MeToo et les accusations portées contre Washington, Hollywood, ont été une occasion de corriger les perceptions culturelles néfastes du sexe et de la violence. Mais sont-elles allées au fond des choses ? A-t-on vraiment réussi à changer les mentalités masculines dans une culture patriarcale si prépondérante ?

Nous avons vu que certaines régions de notre cerveau était particulièrement importante dans la prise de décision (voir article « une histoire de striatum »). Il y a une région du cerveau qui est particulièrement importante pour empêcher l’instinct de se déchaîner: le cortex préfrontal. Lent à mûrir (il faut atteindre en général l’âge de 25 ans), c’est cette partie du cerveau qui exerce la «fonction exécutive». 

La plupart des hommes et des femmes font l’expérience des pulsions primitives et instinctives de manière assez similaire, mais la culture fait une différence dans la façon dont l’agression et les pulsions sexuelles sont exprimées. Par exemple, la plupart des cultures du monde sont patriarcales. C’est-à-dire qu’elles attribuent ouvertement l’autorité aux hommes, tant dans le domaine public que privé. Les hommes sont censés exercer cette autorité dans les limites des règles et règlements de leur culture. Parfois, ces règles sont relativement strictes, atténuant les impulsions «machistes» qui rationalisent les comportements physiques et sexuels agressifs. Le plus souvent, ils tolèrent ou même encouragent le «machisme».

N’oublions pas que l’attribution de l’autorité est l’attribution du pouvoir et que le pouvoir est la capacité d’agir avec force. Ainsi, dans un patriarcat, c’est avec les hommes que la question du contrôle est la plus immédiate. S’il n’y a pas suffisamment de mécanismes dans ces cultures qui identifient un comportement agressif comme inacceptable, promeuvent l’humiliation du public ou génèrent tout simplement beaucoup de remords et de culpabilité, vous obtiendrez un degré élevé d’insouciance masculine conduisant au harcèlement et au viol.

Il est difficile d’obtenir des chiffres exacts sur le harcèlement sexuel, à moins de commencer à additionner les résultats de centaines d’enquêtes et de sondages portant sur l’ensemble des situations liées au harcèlement. Et même ces données indiquent seulement le nombre approximatif d’incidents rapportés. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, le magazine Time avait publié une série de cas particulièrement scandaleux aux universités Cornell et Harvard. Selon ces estimations, pas moins de 18 millions de femmes américaines ont été harcelées sexuellement au travail entre 1979 et 1980. 

Si cette estimation est relativement exacte, le problème du harcèlement sexuel doit être énorme. Nous savons que cela ne peut pas être uniquement un problème américain, ce phénomène est mondial.

D’après l’ONU et l’OCDE, la violence envers les femmes est à des niveaux très élevés, indépendamment du pays. Un chef statisticien du nom de Papa Seck à “ONU Femmes” précisait « C’est un phénomène global, la violence à l’égard des femmes, c’est partout, dans les pays développés comme dans les pays sous développés ». Et en effet, y compris dans les pays à revenus élevés, le quart des femmes ont déjà été battues par leur compagnon.

– Près d’une femme sur trois dans le monde a déjà subi de la violence physique ou sexuelle de la part de son partenaire intime.

– Dans le monde, 150 millions de filles de moins de 18 ans ont subi des violences sexuelles

– l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 13 ans

– dans le monde, 10 millions de filles sont mariées de force chaque année

….

Triste à dire, ce diagnostic aussi horrible n’est finalement pas si surprenant lorsque l’agression sexuelle découle de l’adaptation et de l’acceptation de la société à cet instinct primordial, au travers de l’encouragement des caractéristiques masculines du machisme. En changeant les lois et les mentalités, les choses pourraient s’améliorer.

Il n’existe cependant pas de données sur la violence à l’égard des femmes dans plusieurs pays du monde et cette absence d’information s’explique par le fait que le sujet est toujours tabou dans ces pays (pays du Golfe et Afrique du Nord). Mais là où des données sur la violence à l’égard des femmes existent, celles-ci ne reflètent pour autant pas toujours la réalité car les femmes victimes n’osent pas en parler, ou par crainte de représailles de la part de leurs compagnons. Il est donc fort probable que ces estimations soient largement inférieures à la prévalence réelle.

Au Canada, 70% des actes de violences conjugales ne sont pas déclarés à la police par exemple, ce qui explique très probablement les chiffres donnés, largement inférieurs à ceux des pays scandinaves, une région avant-gardiste quant à la situation des femmes. Là-bas, les femmes n’hésitent d’ailleurs pas à dénoncer ces violences et la justice sanctionne.

Ce que les statistiques démontrent en effet, c’est que dans ces pays-là, les femmes dénoncent; elles sont crues, et le système de justice intervient.

Remodeler les concepts culturels

Il est possible de remodeler les concepts culturels. Pour le meilleur et plus souvent pour le pire, les religions le font par exemple depuis longtemps. Toutefois, leurs cibles ne sont pas celles qui permettent de remodeler correctement la société. Si les religions tendent par exemple à promouvoir en principe la chasteté, la fidélité et l’amour, ce n’est malheureusement pas avec l’objectif de réduire les agressions masculines, sexuelles ou autre.

Quelles pistes ?

– éduquer les hommes sur la nature des instincts primitifs auxquels ils sont soumis. Dans l’état actuel des choses, la plupart des hommes grandissent sans avoir la moindre idée de ce qu’ils vivent. Il est important d’expliquer la nécessité aux hommes de gérer ces pulsions instinctives de manière raisonnable. Et s’ils ne se sentent pas capable de le faire, de les y aider à y parvenir.

– l’égalitarisme sexuel devrait être mis en oeuvre par la loi, puis enseigné « ce qui est juste » de la maternelle au collège. Les préjugés sexistes inhérents au patriarcat doivent être considérés comme faisant partie d’une histoire malheureuse comme le racisme.

– concevoir des leçons pédagogiques pour préparer les jeunes à des relations sérieuses et à un mariage fondé sur des principes équitables. 

– poursuivre une rénovation culturelle sérieuse, en prenant en charge ces instincts primitifs et en développant de manière réfléchie de meilleures méthodes culturelles ou pragmatiques pour les gérer.

Une chose est sûre, ces instincts primitifs ne s’en iront pas tout seuls.

Lucie

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4 Replies to “Repenser les attitudes culturelles face au sexe et à la violence”

  • Joli article encore une fois, et qui montre des alternatives culturelles qui ne sont pas suffisamment explorées.
    Quant au diagnostic ou au constat, à moins d’avoir des oeillères et d’être un masculiniste ridicule et irrattrapable, il est effectivement consternant.

  • Article édifiant, le constat est que l’ensemble des populations humaines ne parviennent pas à l’égalité Femmes / Hommes.
    L’Éducation est le pilier centrale vers l’équité.

  • Très bon article .
    Les femmes cumulent les pénalités :
    Elles élèvent les enfants, ,elles sont souvent laissées dans la dépendance et sont contrainte a la soumission .
    Je ne serais pas étonné que les femmes a l’état naturel (hors de la captivité et de l’esclavage ),ne soient pas très différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui dans “les société patriarcales ” .
    Dans les sociétés esclavagistes,soutenues par une majorité de “dominants”, le maître achète une femme ou un homme et en fait ce qu’il veut .
    Chez les ricains il y a une culture esclavagiste forte ,semble t’il .

  • Très bel article. Merci pour ce forum.
    Si les femmes sont victimes d’un tel système, les hommes y sont tout autant pris au piège.
    Ils sont prisonniers de leur pulsions, et d’injonctions de la société à être en posture de domination et de contrôle (des autres).
    Ils se privent ainsi d’énormément de plaisirs. Celui de s’abandonner, d’écouter, de prendre soin, de patienter, de servir, de différer… la liste est longue.

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